Votes internes à la FSU : votez Emancipation !

mardi 20 octobre 2015
par  QD, Administrateur

Le prochain congrès de la FSU se déroulera en février 2016, dans un contexte où le rôle du syndicalisme peut être crucial. Il sera précédé d’un vote d’orientation, élément fondamental de la démocratie syndicale, où les syndiqué-e-s voteront sur les différentes orientations proposées par les tendances de la FSU. Ci-dessous et en pièce jointe l’orientation proposée par Emancipation. Vous pouvez aussi télécharger les textes d’orientation des autres tendances.

Émancipation

Défendre nos revendications, Rompre avec une politique au service du capitalisme

Dernière minute
Lors du conseil national du 16 septembre 2015, un vote des déléguéEs mandatéEs sur le protocole d’accord PPCR (Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations), qui contient des attaques importantes contre les statuts des personnels, n’a recueilli que 60 % de voix... loin des 70 % statutaires pour que le FSU signe cet accord, malgré le forcing de la direction UA.
Alors, la tendance Ecole Emancipée a modifié les votes de plusieurs ses déléguéEs, de même que plusieurs syndicats nationaux, de façon à faire passer la signature du protocole (à une voix près !) lors d’un second vote.
Émancipation appelle touTEs celles et tous ceux qui sont opposéEs à cette forfaiture, à prendre contact pour envisager ensemble comment contrer, dans le syndicat comme sur le terrain, les effets catastrophiques de cette situation.

Ce gouvernement défend les intérêts du grand patronat dans le cadre de la concurrence capitaliste mondiale, contre le monde du travail et les catégories les plus fragiles (chômeurEs, jeunes, migrantEs…). Et ce dans tous les domaines : suppressions de postes et dégradation des conditions de travail, réformes territoriales, pacte de responsabilité, attaques contre le code du Travail et la Sécurité sociale... et même contre les libertés fondamentales. Ces attaques ont lieu aussi dans l’Ecole où la FSU a une place centrale : "rythmes scolaires", regroupement d’universités, contre-réforme du collège, casse des statuts de 1950... Le mouvement syndical n’a pas réussi à mettre en échec cette politique, ou ne l’a pas voulu.

Nous proposons une autre orientation syndicale.

L’urgence : combattre la politique gouvernementale
L’urgence est de porter les exigences les plus criantes des personnels :
- création de tous les postes statutaires nécessaires dans les services, les établissements...
- retour à la retraite à 60 ans (55 pour le 1er degré) avec 37,5 annuités et 75% du dernier salaire.
-  fin du gel des salaires : non à l’individualisation, aux primes... qui opposent les personnels et menacent la grille nationale de rémunération, maintien et rattrapage du pouvoir d’achat et réduction des inégalités de salaire par des augmentations uniformes (300 euros pour toutEs), hausse des bas salaires (SMIC à 1700 euros).
- défense de la Sécurité sociale financée par les cotisations, pour une prise en charge à 100% des soins.
-  rompre avec la politique de soumission de l’école et de l’université publiques aux intérêts du patronat. Les lois Peillon et Fioraso (2013) sont les éléments majeurs pour la logique des "compétences", mettre cause les diplômes nationaux, faire des jeunes une main-d’œuvre corvéable. En découlent les nouveaux statuts des personnels, la réforme du collège (et ses nouveaux programmes), les "regroupements d’universités", la territorialisation de l’école (rythmes scolaires), l’ "école du socle", la multiplication des hiérarchies locales... L’action pour le retrait ou l’abrogation -et non l’aménagement - de toutes ces contre-réformes s’impose.

Les libertés menacées !
Aux dispositifs de contrôle social (Base-Elèves), de militarisation et d’impunité de la police, de traque des Roms et sans-papiers, s’ajoutent la surveillance de masse, la répression anti-syndicale et des mouvements sociaux (manifestantEs tués ou blesséEs)… l’urgence est à la construction d’un front large, de collectifs unitaires, pour informer et organiser un soutien concret aux victimes de la répression d’Etat.

- combattre la précarité, une priorité : gouvernement et MEDEF veulent généraliser la précarité comme mode de gestion, pour payer moins, exploiter plus et diviser les personnels. Titulaires et précaires doivent exiger ensemble aucun licenciement, arrêt du recrutement hors statut, non à l’interim, titularisation immédiate de toutEs les précaires sans condition de concours ni de nationalité.
- la souffrance professionnelle explose, du fait des méthodes de management et de la prolifération des hiérarchies intermédiaires... opposons-y la solidarité collective, le refus de l’individualisation ("entretiens individuels d’évaluation"), la suppression des lois "mobilité" et "déontologie".

"Dialogue social"
Le pouvoir entend faire accompagner sa politique par les syndicats avec les "conférences sociales", "concertations" tous azimuts… qui n’ont rien à voir avec des négociations sur les revendications.
Nous proposons de rompre avec le "dialogue social", et de mobiliser vraiment les personnels pour gagner.

Mais si la lutte contre l’ "austérité" est nécessaire, elle n’est pas suffisante : c’est le système capitaliste lui-même qui est en cause.

Rompre avec le capitalisme
Les gouvernements au service du capitalisme démantèlent tous les droits, et veulent écraser toute résistance comme en Grèce. Mais les luttes peuvent changer les choses, comme l’ont montré les personnels des hôpitaux de Paris en opposant leurs luttes au "dialogue social".
C’est pourquoi le syndicalisme doit ouvrir la perspective d’une société rompant avec l’exploitation, le racisme, le sexisme, les inégalités et discriminations… :
- dans l’école un projet émancipateur, inséparable de la construction d’une autre société : former des esprits libres et critiques (avec des moyens comme la limitation des effectifs par classe), une liberté pédagogique visant la coopération et non la compétition. Refusant le tri social, nous proposons une éducation vraiment gratuite y compris dans l’université, une éducation polyvalente et polytechnique de la maternelle à l’université, sans orientation précoce.
- le contrôle de l’économie par les travailleurEs : la "dette" doit être annulée et non pas payée à coups de plans d’austérité ; la propriété capitaliste des moyens de production doit être mise en cause : expropriation des grands groupes industriels et banquiers, blocage des licenciements...
-  l’internationalisme : touTEs les travailleurEs ont les mêmes intérêts par-delà les frontières. La solidarité internationale, c’est soutenir les peuples en lutte pour leur liberté (Palestine, Syrie, Kurdes…), agir pour l’annulation de la dette des pays dominés, contre le néo-colonialisme, pour l’égalité des droits FrançaisEs / immigréEs, la liberté de circulation et d’installation, la régularisation de touTEs les sans-papiers...

Laïcité
Ni paravent de la xénophobie, ni morale de maintien de l’ordre social, ni tolérance des intrusions religieuses, la laïcité garantit la liberté de conscience et l’égalité des droits. Il faut donc défendre la loi de 1905 et abroger tous les dispositifs anti-laïques, et ceux qui financent l’enseignement privé et renforcent ainsi la concurrence scolaire.
Une école émancipatrice et unifiée nécessite la nationalisation laïque de l’enseignement privé sans indemnité ni rachat.

Mais comment le syndicalisme peut-il ouvrir une perspective émancipatrice ?

Changer le syndicalisme !
Souvent le syndicalisme n’apparaît pas comme une alternative crédible, car les directions syndicales n’offrent pas de perspectives... et ne combattent même pas les projets gouvernementaux. Ainsi la direction de la FSU (associant UA et EE), a accepté des mesures inacceptables et les PPCR. Nous appelons donc à voter "non" à son rapport d’activité.
Les personnels doivent se réapproprier leurs syndicats :
- dans la perspective de l’unification syndicale dans une confédération unique sur la base de la Charte d’Amiens, démocratique (droit de tendance, rotation des mandats et refus des permanents syndicaux).
- pour l’internationalisme, par la coordination internationale des luttes contre les institutions au service du capitalisme (FMI, Union Européenne…), contrairement à ce que nous proposent la CES et la CSI qui accompagnent la destruction des droits.
- par l’unité dans les luttes : non pas par des "journées d’action" sans perspective, mais par la grève et sa généralisation, allant jusqu’au blocage du pays dans le cadre d’une grève interprofessionnelle public-privé. Cela implique aussi que les personnels contrôlent leurs luttes, en mettant en place des AG de déléguéEs mandatéEs de toutes catégories, se coordonnant à tous niveaux, pour définir les revendications et organiser l’action.

Cela peut commencer dès maintenant ! Face aux atteintes aux statuts et aux conditions de travail, à une contre-réforme très grave des collèges... c’est une riposte, par la grève, de toutes les catégories qui s’impose pour mettre en échec le pouvoir et obtenir le retrait des mesures gouvernementales.

Pour l’indépendance syndicale et une FSU qui lutte,
VOTEZ ÉMANCIPATION

Contact : er@emancipation.fr
Pour en savoir plus : www.emancipation.fr


Documents joints

Télécharger le texte et la liste Emancipation
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