À Marseille, partout : retrait des décrets Peillon-Hamon

lundi 18 mai 2015

La réforme des rythmes scolaires, après un an et dans certaines communes deux ans de mise en application, continue de produire ses effets destructeurs. De nombreuses municipalités réajustent le dispositif mis en place à la rentrée 2014 sans tenir compte des retours des Conseils d’écoles. Nous publions ci-dessous le tract du Groupe départemental Émancipation des Bouches-du-Rhône diffusé à ce propos.

L’an prochain, les activités périscolaires à Marseille, passeraient au mardi après-midi pour la moitié des circonscriptions ou au jeudi après-midi pour l’autre moitié. De plus, les activités périscolaires comme la garderie avant et après l’école, deviendraient payantes (56 euros par enfant en tout). Il s’agissait de le faire avaliser par un vote des conseils d’école convoqués de façon extraordinaire avant le 18 mars.

Une claque contre les rythmes

Le 1er vote a résonné comme une claque contre les rythmes, et le 2ème contre la mairie et le rectorat

Que ce soit lors du 1er vote ou lors du 2ème, sur les 445 écoles, seules 147 (33 ?%) ont voté pour le projet de la ville au 1er tour et 189 (42 ?%) au 2ème. Les enseignants et parents d’élèves se sont saisis de ce tout petit espace électoral, même pas démocratique, qu’on leur donnait, pour exprimer leur opposition ou au minimum leur mécontentement. Cette réaction était aussi de fait un premier acte de contestation contre la nouvelle autorité que représente la mairie pour les enseignants. Réaction au fait que nos vies et conditions de travail ou d’étude ont empiré à cause du périscolaire.

Qui peut croire que ce nouvel horaire a pour but d’améliorer le rythme des élèves ? Le périscolaire est synonyme de plus de fatigue : c’est de manière générale ce que ressentent tous les concernés, parents, enfants, personnels enseignants ou territoriaux. Il s’agit bien de travailler cinq jours au lieu de quatre, sans coupure en milieu de semaine, ce qui signifie, quoiqu’on en dise, un jour de plus sur le lieu de travail ou d’étude pour les enfants (sans être mieux payés). Fatigue aggravée par le fait que nos écoles deviennent des ghettos pour les élèves les moins chanceux (de 7h30 à 17h30).

La colère des enseignants a fait reculer le recteur et la mairie

Force est de constater que le rectorat, représentant du gouvernement, a joué son rôle d’arbitre et a appuyé en premier la mairie qui voulait imposer un 2ème vote à tous les conseils d’école. La réaction unitaire et immédiate de toutes les organisations syndicales et autres, suivie par tous les concernés, a entraîné un recul de la part du recteur comme de la mairie. Et il est certain que la colère était telle face à ce déni de démocratie basique, qu’un appel à un arrêt de travail de la part des syndicats et à manifester devant l’inspection qui représente le recteur et le gouvernement, aurait sans doute été suivi massivement dans toutes les écoles le jour, ou le lendemain de la réception des lettres de la mairie et du recteur. Est-ce de peur de cette mobilisation potentielle que mairie et rectorat ont refusé d’exiger ce 2ème vote et ont accepté tous les cas de figure : renvoi des résultats du 1er vote, refus de répondre, ou 2ème vote ?

Un déni démocratique qui cache le 2ème acte de la territorialisation

Ce 13 avril, au conseil municipal, le nouvel horaire du périscolaire sera entériné. Sera également présenté le projet du futur Projet Éducatif Territorial. Or le vote qui vient d’avoir lieu aux conseils d’écoles devait statuer aussi sur ce Projet comme le stipule la circulaire du 9-5-14 : “[…] Le projet d’expérimentation doit être proposé conjointement par le ou les conseils d’école concernés d’une part, et la commune ou l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) intéressé d’autre part”.

Mairie et rectorat ont décidé de limiter le vote à celui des horaires et il y a fort à parier que ce vote sera utilisé pour entériner le nouveau Projet Éducatif Territorial puisqu’une confusion existe, qui est entretenue, entre activités périscolaires et décret sur les rythmes scolaires. La mairie, à travers ce projet, pourra commencer à avoir une incidence sur le travail enseignant. Mme Casanova (adjointe) le dit elle même, ... “et, en lien avec les instituteurs, on [la mairie ndlr], pourra avoir des projets communs, des règles communes, des activités variées et intéressantes...” (La Provence du 30 mars). Et l’ancien recteur M. Ali Saîb avait annoncé le 3-9-2013… que l’École n’avait pas le monopole de l’éducation et que les relations de partenariat étaient la base de la mise en œuvre efficace des compétences partagées notamment avec les collectivités.

La municipalisation de l’école gagne du terrain

• Le périscolaire désorganise l’Éducation nationale. Les rythmes n’ont pas pour but de résoudre les difficultés scolaires, mais d’avancer dans la municipalisation. Il faut faire l’unité contre la dénationalisation de l’éducation nationale. Et pour l’arrêt immédiat de la réforme des rythmes. À la place, pour vraiment résoudre les difficultés, plus de moyens pour moins d’effectifs et plus de salaires

• Nos directions syndicales ne doivent pas donner l’illusion que le décret sur les rythmes et la loi Peillon sont perfectibles. Elles doivent appeler au boycott des divers comités de suivi ou de pilotage au plan départemental et aux comités techniques ou chantiers divers au plan national qui de fait servent à mettre en place ici ou à cautionner là-bas les décrets et circulaires auxquels nous devons nous opposer.

• À la place, il faut construire un rapport de force. Pour cela favoriser l’auto-organisation des enseignants, la tenue d’AG à tous les niveaux (dans les écoles ou établissements et entre les écoles). La solution viendra à partir de la mobilisation unitaire des personnels et de leurs syndicats contrôlés par eux.

GD Émancipation 13


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