Quels programmes ! ?

mercredi 13 mai 2015

Face à la droite et l’extrême droite, qui espèrent grâce à la politique d’austérité de l’exécutif, “cueillir” les régions et le pays pour y appliquer leurs programmes encore plus réactionnaires, Hollande choisit de bafouer son électorat qui se sent floué. Les gouvernements Valls accélèrent la dérive droitière, utilisant les recettes néolibérales, détournant le vocabulaire progressistes, concoctant des mesures simplistes ; mais plus c’est gros, plus ça passe ! Au moins vis-à-vis des médias…

Pour le monde du travail et les organisations qui prétendent le représenter, il y a urgence à faire échec à ce programme libéral, quels que soient les Pouvoirs qui auront à l’appliquer. Il est encore possible de bloquer des pans de cette offensive et d’avancer des alternatives :

Délégitimer ce programme libéral

Pour restreindre au maximum les droits en suscitant le moins possible de résistances, le Pouvoir a besoin de la caution des syndicats dans le “dialogue social”. Ainsi sur la précarité, sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations (PPCR), sur la réforme de l’État et la territorialisation, il se prévaut de pseudo négociations pour déstabiliser les services publics, les garanties sociales et professionnelles et les rapports de force… afin d’imposer austérité et attaques statutaires et salariales. Mais ce n’est pas encore assez : une réforme du dialogue social plus favorable au patronat va être débattue au Parlement, en procédure accélérée, comme souvent, pour limiter débats et mobilisations. Quitter les concertations/ cautions, informer précisément sur les attaques et construire un réel rapport de force avant toute négociation sont les meilleures façons de faire échec à ces stratégies.

Contrer le Patriot Act de Valls

Spécialiste de l’interdiction et de la répression des manifestations, Valls n’aura pas manqué de détourner l’émotion suscitée par les attentats de janvier, pour commettre une loi scélérate. Sous couvert de “renseignement intérieur”, elle généraliserait le contrôle social pour touTEs et sur tous les moyens de communication et favoriserait sans limites la répression des opposantEs. Au-delà de la manifestation du 4 mai, jour du vote à l’Assemblée (en procédure accélérée !), il convient d’accélérer la mobilisation unitaire pour stopper ces dérives sécuritaires.

Reprendre la main sur la transformation de l’école

Pour se démarquer aussi bien des réacs que du Pouvoir et de ses soutiens syndico-pédago qui détournent la réflexion pédagogique, il suffit de rappeler que l’École constitue un enjeu fort du programme libéral (voir comment Thatcher avait massacré l’école anglaise). La réforme des rythmes, les décrets et circulaires sur les obligations et les indemnités, la réforme du collège ont les mêmes objectifs : économie de moyens, corsetage de la liberté pédagogique et des équipes par une hiérarchie intermédiaire, aggravation des inégalités et mise en concurrence par la territorialisation, la globalisation des enseignements avec transformation d’une partie en vague interdisciplinarité. Les projets de programmes (publiés après l’adoption des grilles horaires !), loin de contrebalancer les aspects négatifs de la réforme des collèges, les aggravent par le croisement de trois aberrations : le socle en se fondant sur l’inconsistance de ses “piliers”, les cycles qu’ils privilégient par rapport à l’année et les compétences, inadaptées pour opérationnaliser une bonne partie des objectifs. Les équipes et les groupes pédagogiques, les AG et les syndicats à tous les niveaux doivent se mobiliser ensemble pour détourner la consultation sur ces programmes inamendables et aussi après pour imposer une conception structurante des savoirs dans un collège où l’interdisciplinarité se construit à partir des savoirs disciplinaires et non à leur place, où on peut tâtonner et poser des questions pour apprendre et où l’esprit critique s’exerce sur d’autres supports qu’un affligeant enseignement moral et civique.

Olivier Vinay


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