La question des mobilisations spontanées : force, limites, et récupérations L’exemple français de janvier 2015, après l’attentat contre Charlie Hebdo

mercredi 11 février 2015
par  Catherine

D’importantes mobilisations, en divers pays du monde, ont marqué l’année 2014. Nombre de ces mobilisations – mais pas toutes – ont eu un caractère spontané dans leur déclenchement, dans leurs développements parfois. Ce fut le cas au Burkina Faso, en octobre 2014, ou à Hong Kong en novembre-décembre… La France sembla en retrait durant cette année 2014. Jusqu’à ce 7 janvier 2015 marqué par l’attaque meurtrière au siège du journal Charlie Hebdo, et par les manifestations qui s’en suivirent.

C’est en ayant à l’esprit ces diverses mobilisations de grande ampleur en divers pays du monde, que l’on voudrait revenir ici sur ce qui s’est passé en France en janvier 2015, sur le rôle (et ses limites) du processus spontané, sur les tentatives de le dévier, de le nier ; sur la puissance de ce mouvement, la récupération dont il fut l’objet, et en même temps les difficultés de cette entreprise.

Retour sur quelques évidences

Un premier point consiste à rappeler que les mouvements spontanés peuvent être d’importance fort inégales : à côté de mobilisations rassemblant des centaines de milliers, voire des millions de participants, l’activité sociale est aussi marquée d’innombrables jaillissements spontanés d’ampleur souvent modestes : grèves dans une entreprise, rassemblement contre une arrestation, etc.
Ce qui nous intéresse ici, ce sont les mobilisations de grande ampleur. Comme souvent, leur déclenchement fut spontané. Et le facteur déclenchant fut imprévu : à Fergusson, ce fut la mort d’un jeune tué par la police. À Hong Kong, une décision anti-démocratique prise par le pouvoir central de Pékin. Au Burkina Faso, ce fut la volonté du Président de modifier la constitution pour demeurer au pouvoir. On reviendra ultérieurement sur ces crises et sur leurs conséquences. Indiquons simplement que, aussitôt engagés, ces mouvements furent l’enjeu d’un combat politique pour les contenir et les refouler. Mais, tant bien même la mobilisation est récupérée (ou brisée, c’est selon), la situation ultérieure demeure marquée par de tels jaillissements.

7 janvier 2015 : relative spontanéité des premiers rassemblements

Les medias informèrent, vers midi le mercredi 7 janvier, qu’une attaque au siège de Charlie Hebdo s’était traduite par un véritable massacre. Très vite, les réseaux sociaux lancèrent des appels à se rassembler. Dans nombre de villes, ce furent les élus et les organisations de journalistes, et parfois des partis qui prirent ces initiatives. Ne l’auraient-ils pas fait que des rassemblements se seraient produits de toute façon. Ainsi, à Angoulême, un premier rassemblement spontané a lieu l’après-midi, puis un second, à 19 heures, avec mille deux cents participants.
Ce premier mouvement est spontané, comme en témoigne l’ampleur des rassemblements alors que les appels lancés par des notables ou partis furent fugaces, parfois confus : ainsi, à Paris, J.C. Cambadélis, au nom du PS, propose une manifestation dans la journée… avant de la renvoyer au samedi. Anne Hidalgo appelle au jeudi 8, avant de se rallier au rassemblement de mercredi. En fait, les élus ont couru derrière les manifestants qui, dès avant 17 heures, se retrouvaient place de la République, à l’appel notamment des organisations professionnelles du journalisme.
Les confédérations appelèrent aussi à ce rassemblement “pour défendre le vivre ensemble”. Solidaires publia en outre son propre appel, précisant “son attachement à la liberté d’expression”, élément absent de l’appel unitaire des confédérations.
Le Parti communiste, le Parti de gauche, et le NPA suivirent.
Il y eut 35 000 personnes rassemblées dans la soirée.
À Lyon, à 18 heures, il n’était plus possible de pénétrer sur la place des Terreaux : 10 à 15 000 personnes y étaient rassemblées. L’appel avait été initié, très tôt, par le Club de la presse et le sénateur maire (PS), et relayé par les syndicats, puis le Front de gauche. En réalité, tout avait fonctionné par les réseaux sociaux.
Ainsi, durant cette demi-journée se sont combinés un fort mouvement spontané et des appels initiés par des associations, élus, partis et syndicats.
L’ampleur et le nombre exceptionnel de ces rassemblements fut caractéristique de cette spontanéité. Face à d’autres attentats dans le passé (contre une école juive à Toulouse, en mars 2012) ou en réaction à un meurtre (celui de Rémi Fraisse à l’automne, tué par la police), il y avait eu aussi des réactions immédiates et spontanées. Mais le fait est (cela fut parfois noté avec amertume) que l’ampleur de la réaction n’avait rien de comparable. Et cela n’était pas seulement dû au nombre élevé de morts.

Premières récupérations

Dès ces premiers instants se manifesta la volonté de dévoyer la réaction spontanée. Dans nombre de villes, la foule fut incitée à chanter la Marseillaise. Et, le mercredi soir, alors que 100 000 manifestants s’étaient rassemblés dans le pays, François Hollande décréta une “journée de deuil national” en appelant au rassemblement du pays.
Nicolas Sarkozy ne fut pas en reste.
Mais cette union patriotique n’était pas si simple à imposer. Ainsi, à Lyon, la presse locale elle-même dut relever qu’à deux reprises, les notables sur le perron de l’Hôtel de ville tentèrent en vain de faire reprendre la Marseillaise : à deux reprises, celle-ci fut étouffée par les manifestants qui répliquèrent en scandant “Charlie, Charlie !”.
De même, dans de nombreuses villes, peut-être une majorité, l’UMP et le Modem furent absents de ces rassemblements.

Une contradiction initiale

S’exprima ainsi une opposition entre le caractère patriotique que voulait donner le gouvernement à la mobilisation, et ce que représentait Charlie Hebdo aux yeux des manifestants : la liberté d’expression, et en particulier le refus du chauvinisme, du patriotisme et du militarisme, de tous les cléricalismes.
Peu importe ce qu’étaient précisément les positions de Charlie. Le problème est que Charlie apparaissait, aux yeux des manifestants, porteurs de valeurs qu’ils partageaient, et que la rédaction de l’hebdomadaire avait été décapitée pour son refus de se soumettre aux intégrismes religieux, sans exception.
Pour le gouvernement et ses amis, la situation n’était pas simple. Il leur était facile de condamner le massacre commis le matin même et de mobiliser les forces de police. Mais que dire de Charlie Hebdo et de son refus de l’obscurantisme religieux ? La tentation était grande de construire une réponse sur le mode “nous condamnons, mais…”, en sous-entendant : “un attentat n’est pas acceptable, mais Charlie a eu tort de provoquer…”.
Mais les 100 000 manifestants rassemblés dès mercredi rendaient difficile l’opération.
C’est ainsi que l’on vit toute la social-démocratie, les partis bourgeois et les institutions religieuses défendre Charlie, le pompon étant atteint lorsque les cloches sonnèrent à Notre-Dame.
Et cela, alors que ce qui était réaffirmé par les manifestants, c’est que le blasphème n’existe pas, que la religion n’est pas au-dessus de la satire.

8 au 11 janvier : l’union nationale se développe

C’est à partir de cette contradiction que la mobilisation, cadrée par les organisateurs de l’union nationale, monta en puissance jusqu’aux manifestations des 10 et 11 janvier.
De nouveaux rassemblements eurent lieu le jeudi, mais “cadrés” par la minute de silence décidée par Hollande. Celle-ci eut lieu dans les établissements scolaires, sur ordre, et non sans difficultés dans quelques cas, des élèves se montrant parfois critiques vis-à-vis de ce cérémonial (notons que, si la presse a fait ses choux gras de ces réactions d’élèves supposés musulmans, elle a été plus discrète quand le refus de la satire vis-à-vis des religions était formulé par des chefs d’Églises chrétiennes). Et surtout, les directions syndicales se gardèrent comme d’un sacrilège de contester cet ordre “de silence” alors que bien des collègues préféraient prendre le temps de discuter avec leurs élèves.
Un premier pas majeur se réalisa dans l’union nationale avec cette acceptation par les dirigeants syndicaux de cette obligation de communion nationale.
Un second pas se fit quand toutes les mairies, tous partis confondus, firent aussi minute de silence, toutes les composantes du Front de gauche et EE-Les Verts incluses.
Le troisième pas se fit pour organiser la manifestation nationale. Les organisations dites “anti-racistes” appelèrent à manifester “partout en France le dimanche 11 janvier à 14h 30”.
Par ailleurs, un appel à manifester samedi fut décidé par le PS, le Front de Gauche et les Verts. Aussitôt Manuel Valls invita Sarkozy, provoquant des remous y compris au PS. Avec l’appui de l’UMP, les deux appels fusionnèrent en un rassemblement unique le dimanche à 15 heures.
Et les syndicats ? Un texte fut signé par toutes les confédérations le jeudi à mi-journée, appelant à se joindre “à toutes les initiatives et manifestations” dont celle de “Paris ce dimanche 11 janvier”. Tous signèrent. (FO, non signataire, appela de manière autonome à toutes les manifestations, son bureau confédéral participant à la marche parisienne).
Il ne restait plus qu’à ficeler le tout.

Un appel “républicain”

Le jeudi soir, une réunion des partis “respectables”, syndicats et associations adopta un texte titré : “Nous sommes Charlie : défendons les valeurs de la République”. Ces valeurs étaient rappelées : “liberté, égalité, fraternité”. Mais pas un seul mot sur la liberté d’expression (qui figurait dans le dernier appel unitaire des syndicats), rien sur la liberté de la presse et la liberté de satire. Et chacun sait que la devise de “liberté” en général vaut d’abord pour la liberté d’entreprendre et d’exploiter.
Parmi les signataires, on retrouva quasi tous les syndicats, le PS et le PCF, le Parti de Gauche et Gauche unitaire, aux côtés du MODEM et de l’UMP. (Le FN n’était pas invité). Sur le terrain syndical, Solidaires refusa de signer (ainsi que FO). Mais le SNJ-Solidaires signa.
Ultérieurement, Ensemble se rallia (sur sa propre base) à la manifestation du dimanche à Paris. À l’inverse, LO, le NPA et bien d’autres refusèrent de participer à cette union nationale.
Quant à l’Union Solidaires, elle publia un appel qui expliquait tout à la fois qu’elle “ne combattra pas pour la liberté et l’égalité aux côtés des ennemis de la liberté et de l’égalité” et qu’elle “s’associe aux rassemblements unitaires” ! À chacun de choisir…
On put ainsi voir cette horreur, à Paris le dimanche : non seulement Sarkozy se faufilant en première ligne de la manifestation, mais aussi la présence repoussante de dizaines de chefs d’États, incluant de farouches ennemis de la liberté de la presse, et cela quasi en tête d’une marée humaine estimée à 1,2 voire 1,5 million, de participants. Au total, 3,7 millions de Français, dit-on, défilèrent en France ce week-end. On peut ergoter. Mais l’ampleur était incontestable, imprévue par ses organisateurs : une autre expression de la spontanéité du processus.
Opération réussie pour le gouvernement ? Ce n’est pas si simple.

“Je suis Charlie” : spontanéité et contradictions

Rarement un slogan aura eu un succès aussi fulgurant, tout en suscitant maintes critiques.
Ce slogan fut défini et mis en forme, une heure après le massacre, par un journaliste réagissant à sa manière sur son ordinateur. Les réseaux sociaux firent le reste. Dans toute la France, le mercredi soir, des manifestants par milliers brandissaient papiers et pancartes avec ces mots : “Je suis Charlie”. Ce slogan permettait à la fois d’afficher sa solidarité avec les salariés du journal et de réaffirmer le droit à la liberté d’information, de satire et de critique. Ce n’est pas un hasard si, très vite, un autre symbole a été brandi conjointement par des milliers de manifestants : un crayon à papier, l’outil emblématique des dessinateurs.
Ce slogan était en même temps vague à souhait. Il ouvrait de ce fait la voie à l’union nationale. Et c’est aussi derrière ce slogan que se sont retrouvés des chefs d’État qui, dans leur pays, persécutent des journalistes.

“Je suis, je suis, je ne suis pas”

Pour “diluer” cette question de la liberté de la presse, certains modifièrent le slogan initial. Ainsi, deux policiers ayant été tués le mercredi (et une policière le lendemain), on vit apparaître des “Je suis Charlie et je suis policier”, particularisant les victimes ainsi renvoyées à leur profession.
Le procédé s’affirma le vendredi 9 quand une autre attaque visa un magasin casher, et que quatre clients furent tués. Le premier ministre reprit alors à son compte un nouveau slogan : “Nous sommes tous aujourd’hui Charlie, tous policiers, tous des juifs de France”.
Cela revenait à “communautariser” les victimes alors que la mobilisation engagée le 7 janvier était la défense d’une liberté fondamentale, indispensable à toutes les autres libertés.
Mais ces tentatives, fréquentes, demeurèrent minoritaires.
Le dimanche 11, à Paris, alors que l’équipe de Charlie ouvrait la marche, les dirigeants politiques français les plus divers se rassemblèrent derrière une banderole “nous sommes Charlie”, tandis que les chefs d’État se tenaient de leur côté coude à coude.
À Lyon, où défilèrent trois cents mille manifestants, la banderole de tête était précise : “Je suis Charlie/pour la liberté d’expression”. Elle était portée par des personnes “représentant” les diverses victimes (salariés et journalistes, policiers, croyants juifs) mais anonymes, sans marques d’identification. Mais au début de cette manifestation organisée par le Club de la presse, les représentants du CRIF et de la LICRA exigèrent, en vain, d’être en tant que tels porteurs de la banderole. Puis la responsable du CRIF voulut s’imposer devant la banderole de tête avec sa pancarte “Je suis Charlie, je suis juif, je suis policier, je suis français”. Les organisateurs obtinrent qu’elle se retire.
On vit aussi s’affirmer divers “Je ne suis pas Charlie”. Ainsi Jean-Marie Le Pen, qui précisa : “Je suis Charles Martel”, l’idole des xénophobes français. D’autres refusèrent le slogan (et les manifestations) pour des raisons inverses, parfaitement légitimes, rejetant la présence du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, responsable de massacres à Gaza, ou refusant toute forme d’Union nationale.
Derrière ce slogan “Je ne suis pas Charlie” se retrouvaient donc aussi les positions les plus contradictoires : comme quoi la simple négation d’un slogan flou ou contradictoire ne peut être elle-même que floue ou contradictoire.

Un slogan spontané… historiquement déterminé

De fait, aussi confusionniste soit ce slogan, il demeure marqué par son développement spontané ; et cette spontanéité n’est pas le produit d’une “génération spontanée”. Elle est socialement, historiquement déterminée. A pesé en particulier la mémoire de tous les combats menés en défense de la liberté d’expression, et contre l’obscurantisme religieux : personne n’a oublié les méfaits, durant des siècles, de l’Église catholique.
Le slogan “Je suis Charlie” ne signifie pas l’adhésion à l’orientation du journal. Beaucoup des manifestants ne le lisaient jamais. Mais il incarne la liberté d’expression.
D’autant qu’il est l’héritier, à sa manière, du mouvement de 1968, au moins sous l’angle du combat contre l’ordre moral. Défendre “Charlie”, c’est donc aussi se dresser contre tous les réactionnaires d’aujourd’hui, nombreux et de plus en plus agressifs.
De ce fait, cette mobilisation contraint à la prudence ceux qui voudraient mettre à profit l’attentat contre le journal satirique pour exiger une limitation de la liberté d’expression.

Oui, mais…

Le pape, quant à lui, ne s’est pas senti tenu à une telle prudence. Le jeudi 15, tout en condamnant les meurtres, il explique tranquillement que ceux qui “se moquent des religions, s’amusent de celles des autres, ce sont des provocateurs”. Et il précise : “il est vrai qu’il ne faut pas réagir violemment, mais si M. Gasbarri, qui est un grand ami, dit un gros mot sur ma mère, il doit s’attendre à recevoir un coup de poing ! C’est normal… On ne peut pas provoquer, on ne peut pas insulter la foi des autres, on ne peut pas se moquer de la foi !” Bien évidemment, le pape rêve de ré-introduire en France le délit de blasphème. C’est pour le moins difficile, surtout compte tenu du caractère de la mobilisation en défense de Charlie. Les amis du pape chercheront d’autres moyens pour le même objectif.

Pour un concordat ?

C’est Gérald Darmanin, secrétaire général adjoint de l’UMP, qui relance cette idée. Le 14 janvier, il en appelle à un “concordat incluant toutes les religions”, l’essentiel étant que “la République se donne les moyens de conclure un contrat avec l’islam”.
Cela implique d’en finir avec ce qu’il qualifie de “laïcité punitive”. C’est le discours habituel de ceux qui prônent une “laïcité ouverte”…
L’ennui, c’est qu’un tel projet risque de provoquer un tollé. L’attaque va donc porter d’abord contre l’école : “Plus qu’un échec de l’immigration, cette tragédie est un échec de nos institutions et notamment de l’Éducation nationale”.
L’école en première ligne
D’autres jugèrent aussi l’école fautive, comme Patrick Devedjian, député UMP, qui évoque “la faillite de notre système éducatif”. Des mesures sont donc exigées.
Pour préparer cette offensive, L’observatoire de la Laïcité – que préside Jean-Louis Bianco – formule onze propositions le 14 janvier.
Dans les mesures annoncées par Hollande et Najat Vallaud-Belkacem les 21 et 22 janvier, on retrouve certaines de ces propositions, comme “le renforcement de l’enseignement laïque du fait religieux”.
D’autres mesures sont plus ou moins déjà appliquées ou annoncées, comme “la célébration des rites républicains et des symboles de la République” et “le respect des règles de civilité et de politesse, l’enseignement moral et civique”.
On trouve aussi la mise en place d’une “réserve citoyenne d’appui aux écoles et aux établissements” sur le modèle de la réserve citoyenne de la Défense, faisant appel à des intervenants tels que des responsables associatifs ou des juristes. L’école est ainsi chargée de “redresser” les jeunes susceptibles d’être “embrigadés”…
Ce plan laisse donc dans l’ombre les causes du chômage, et les raisons pour lesquelles les gouvernements successifs ont laissé se développer (voire ont encouragé) un fondamentalisme politico–religieux financé par quelques pays “amis” de l’impérialisme français.
Cela permet surtout de laisser dans l’ombre la question des commanditaires de ces attentats : car cela conduirait inévitablement à poser la question de la politique de l’impérialisme français, des conséquences de ses interventions multiples, et de ses jeux obscurs avec nombre de dictatures au Proche et au Moyen-Orient.

La force initiale de la spontanéité demeure

Le gouvernement, s’appuyant sur l’union nationale réalisée durant quelques jours, va donc s’efforcer d’avancer sur ces projets, dont le renforcement des mesures à caractère répressif, et l’utilisation de l’école pour enrégimenter davantage la jeunesse.
Mais l’on sent bien que le gouvernement marche sur des œufs. La réaction de masse à l’attentat, bien qu’il ait su la contrôler, continue de l’inquiéter. Car le mouvement spontané initial demeure sous-jacent.
Le gouvernement aura donc besoin plus que jamais de l’appui des bureaucrates syndicaux. En l’absence d’un tel soutien, l’offensive gouvernementale sera mise en difficulté. Significatif est ce qui vient de se passer à Mulhouse : la mesure disciplinaire dont un collègue d’art plastique fut victime, le 15 janvier, de la part d’un recteur qui lui reprochait d’avoir illustré son propos de caricatures provenant notamment de Charlie Hebdo, a été balayée dès lors que les collègues de l’établissement puis les syndicats de l’académie appelaient à la grève pour le 23 janvier. Une petite victoire, mais révélatrice de ce qu’il est possible et nécessaire de faire partout.

Serge Goudard, le 22 janvier 2015

L’Émancipation syndicale et pédagogique –2/02/2015 – page 8 à 11


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