Face aux attaques, la nécessité d’une lutte prolongée !

Edito
samedi 10 février 2007
par  DK, Administrateur

Les suppressions massives de postes dans l’Education Nationale sont en nombre encore supérieur à ce qui était prévu. Elles constituent une conséquence très concrète des choix de ce gouvernement en matière éducative : chômage, précarité, flexibilité et casse des statuts pour les personnels, tri social accentué et minimum éducatif pour la jeunesse scolarisée, comme le prévoit la loi Fillon que les directions syndicales "représentatives" ont refusé de combattre avec les lycéenNEs en 2005.

Le pouvoir redouble de coups contre l’ensemble des travailleurEs. Pour les classes dominantes, l’heure n’est pas au compromis social, aux accommodements avec les directions syndicales. Les directions syndicales continuent pourtant à agir, comme s’il y avait du "grain à moudre". Le récent rapport du Conseil d’orientation des retraites doit nous persuader que le pouvoir ne s’arrêtera que là où nous le stopperons.

Malgré le succès de la grève du 18 décembre, appelée par toutes les organisations syndicales du 2nd degré qui exigent de façon unanime le retrait du décret De Robien contre le statut de 1950, le Ministère veut passer en force.

Il y a URGENCE à TOUT FAIRE pour empêcher que saute le verrou des statuts - déjà frontalement attaqué par la création du CDI public, concurrent direct du statut de fonctionnaire - et que se mettent en place dans la foulée tous les projets du Ministère : réforme de l’IUFM, audits sur les horaires des collèges et des lycées et sur l’enseignement professionnel, autoritarisme pédagogique, statuts des directeurEs d’école et mise en place d’EPEP dans le 1er degré… qui tous visent à réduire le coût de l’E.N. en supprimant des postes, en aggravant les conditions de travail et en organisant une école plus inégalitaire.

L’AG de la région parisienne qui a appelé à la grève le 25 janvier puis le 30 janvier nous montre la voie à suivre. Il faut organiser de toute urgence une lutte prolongée, en posant la question de la reconduction sur des revendications favorisant l’unité :

- arrêt des atteintes aux statuts (statut de 1950, EPEP…), titularisation immédiate de touTEs les précaires sans conditions de concours ni de nationalité et arrêt de tout recrutement de précaire ;
- création de tous les postes nécessaires pour une école pour touTEs, polyvalente et polytechnique ;
- augmentations uniformes de salaire et augmentation substantielle des bas salaires, dans une perspective d’unification des corps ;
- refus de la répression des militantEs dont les cas de Florimond Guimard (militant de RESF 13, placé en garde à vue le 19 décembre et convoqué au tribunal le 20 avril suite à une manifestation qui avait empêché l’expulsion par avion d’un père d’enfant scolarisé), Erwan Redon (professeur des écoles de Marseille, suspendu puis muté d’office autant pour son engagement pédagogique qu’en faveur des sans papiers) et de Roland Veuillet (CPE en grève de la faim depuis le 24 décembre - voir en page 2) sont emblématiques.


Se mobiliser pour la laïcité

Le Ministre de l’Intérieur et des Cultes a fait savoir qu’il entend "dépoussiérer" la Loi de Séparation des églises et de l’Etat pour permettre le financement public des religions et la formation de leurs ministres du culte. La commission Machelon qu’il a mise en place, préconise des accords églises-État sur le modèle concordataire d’Alsace-Moselle. Le rapport Obin sur les manifestations d’appar­tenance religieuse dans les établissements scolaires est accablant quant aux manquements à la laïcité.
Pourtant, aucune mobilisation d’ampleur n’a été décidée par les diverses grandes organisations nationales se référant à la Laïcité pour marquer le Centenaire de la Loi de 1905.
Le Gouvernement a su en tirer profit. Par la Circulaire d’application de l’article 89 (Loi relative aux responsabilités locales), le ministre Robien (qui allonge la liste des dépenses obligatoires) oblige les communes à ver­ser le "forfait communal" aux écoles confessionnelles sous contrat hors de leur territoire. Adoptée en août 2004, cette disposition n’a été l’objet d’un communiqué de protes­tation (1) qu’un an et 10 mois plus tard quand les factures arrivaient dans les Mairies. En attendant une décision du Conseil d’État après un recours du CNAL, des Municipalités bien isolées - et qu’il importe de soutenir - refusent de payer.

Intégrer la Laïcité au combat social
La réhabilitation de la présence active du religieux dans la sphère publique a pour vocation de constituer un réseau de proximité de maintien de l’ordre et de permettre la mise en place d’associations charitables organisées autour des com­munautés ethniques et religieuses appelées à accompagner le dépérissement programmé des structures publiques de solidarité. La communautarisation de la société est le projet "social" de la globalisation économique.

Refuser le piège du relativisme culturel
Qu’en réaction à l’oppression, certainEs se tournent vers des coutumes patriarcales est explicable mais cela doit-il pour autant exonérer ces traditions de leur caractère aliénant et le plus souvent sexiste. Le communautarisme conduit à la différenciation des droits selon les origines ou les confes­sions. En France, en Grande-Bretagne, il est question d’une loi contre "l’incitation à la haine religieuse" qui loin d’enrayer le racisme rétablirait le délit de "blasphème". En ce moment même, Charlie-Hebdo est poursuivi en justice pour avoir fait un numéro spécial sur les caricatures de Mahomet. Partout, nous devons porter le principe politique de Laïcité et apporter notre aide aux organisations (notamment féministes) qui luttent contre les courants religieux fondamentalistes ou intégristes.

Exiger la Laïcité scolaire
L’existence, de surcroît financée par des deniers publics (2), d’un service concurrent à l’École publique détruit la carte scolaire. Supprimer le principe de celle-ci, c’est généraliser la concurrence entre les établissements et institutionnaliser le clientélisme. C’est casser le principe même du Service public. Seule la nationalisation laïque de l’enseignement privé, sans indemnité ni rachat, donnera sens et crédit à un enseignement public au service de l’égalité.

(1) FCPE, Ligue de l’Enseignement, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNUipp-FSU.
(2) Les enseignantEs de l’enseignement confessionnel sous contrat viennent d’obtenir le statut d’agents publics de l’État ; quant à celui des directeurs d’écoles privées catholiques, il précise désormais que "l’activité du chef d’établissement est inséparable de sa responsabilité pastorale" (La Lettre de l’Éducation du 12/06/06).


Justice pour Roland Veuillet !

En 2003, Roland Veuillet, CPE au lycée Dhuoda de Nîmes, a été déplacé à 300 km de chez lui. C’est la volonté de la hiérarchie de l’Education Nationale de mater un militant qui a refusé, pendant le mouvement de 2003, qu’on casse la grève des surveillantEs de son établissement. Le dossier a été monté de toute pièce, l’objectif étant de dissuader touTEs les militantEs de se battre jusqu’à la victoire lors de grands mouvements collectifs. Cette stratégie continue d’être appliquée contre d’autres militantEs dans différents secteurs. Il s’agit clairement d’une sanction antisyndicale visant à briser toute velléité de lutte.

Depuis près de 4 ans, Roland Veuillet n’a cessé de se battre : il a parcouru 16500 km à pied (ou à la nage) en 22 "arbitrairathons". Il a fait une grève de la faim en septembre 2004, qu’il a suspendue au bout de 38 jours sous la pression de l’intersyndicale qui croyait avoir obtenu une avancée du Ministère. Un avis du Conseil Supérieur de la Fonction Publique demande l’annulation de la sanction et une réquisition du commissaire du gouvernement de la cour d’Appel va dans le même sens. Pourtant la sanction est maintenue.

Roland Veuillet refuse l’inacceptable. Derrière son cas, il y a la criminalisation de toutes celles et ceux qui luttent. Il ne s’agit pas d’un problème individuel, mais d’une cause universelle, celle du droit de revendiquer, qui impose le soutien de l’ensemble du mouvement syndical.

Roland Veuillet a entamé une deuxième grève de la faim le 24 décembre. En même temps, il a déposé, de même que son syndicat SUD-Education, un recours auprès du Conseil d’Etat.

Ce scandale a assez duré ! Émancipation exige que la sanction qui frappe Roland Veuillet soit immédiatement annulée et qu’il soit réintégré sur son poste. Elle appelle touTEs les syndicalistes et touTEs les citoyenNEs à manifester leur solidarité envers Roland.

Signez la pétition intersyndicale disponible auprès des militantEs dans la manifestation, contactez Roland Veuillet : 14 rue Terraille, 69001 Lyon, 06 19 68 30 94, roland.veuillet@laposte.net, allez visiter le site : http://roland-veuillet.ouvaton.org/.


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