Une tendance qui a traversé le XXème siècle

lundi 24 juillet 2006
par  Daniel

De l’Ecole Emancipée à L’Emancipation, l’essentiel

De la charte d’Amiens (1906) …

Ce sont des instituteurs syndicalistes révolutionnaires qui fondent l’Ecole Emancipée (EE) au début du XXe siècle. La Revue apparaît dès 1910. L’Emancipation aujourd’hui issue de l’Ecole Emancipée se revendique de la Charte d’Amiens (1906) qui prône l’indépendance syndicale et lie les revendications immédiates à la perspective du renversement du système capitaliste.

À la fédération unitaire (CGTU)

Anticléricaux et antimilitaristes, les militants de l’EE seront durement réprimés pendant la guerre de 14-18. Après la guerre, l’Ecole Emancipée dirige la Fédération Unitaire qui est affiliée à la CGTU. Très rapidement, son attachement à l’indépendance syndicale l’amène à rompre avec le Pc. Entre les deux guerres, l’Ecole Emancipée est à la fois une tendance syndicale révolutionnaire antistalinienne et un lieu de confrontation de différentes pratiques pédagogiques novatrices. Célestin Freinet a été à l’EE.

1e réunification syndicale et fondation de la FEN

Le syndicalisme enseignant se réunifie une première fois en 1936, puis après la deuxième guerre mondiale. Majoritaire dans plusieurs départements, l’Ecole Emancipée joue un rôle déterminant en 1948 dans la fondation de la F.E.N. (Motion Bonissel-Valière) en permettant, grâce au droit de tendance, à tous les travailleurs de l’Education de rester ensemble dans la même fédération. L’EE n’empêchera pas la lente dérive bureaucratique de la F.E.N. Ses militants s’engageront contre les guerres coloniales.

Les années de batailles politiques

Après 1968, de nombreux militants d’extrême gauche rejoignent l’EE. Les débats entre courants sont nombreux. Les trotskistes lambertistes essaieront de s’emparer de l’EE. Ils échoueront et seront contraints de quitter l’Ecole Emancipée en 1969. La F.E.N. est de plus en plus paralysée par un conflit entre deux bureaucraties corporatistes : celle de la direction, proche du PS qui dirige, notamment le gros syndicat des instituteurs, et celle de la tendance “ Unité et Action ” issue du P.C. qui dirige le syndicat des enseignants du second degré qui va grossissant.

L’éclatement de la FEN, la constitution de la FSU, et autres choix militants

Ce conflit aboutit à l’éclatement de la F.E.N. (1992). La plupart des militants de l’EE rejoignent la FSU. D’autres font d’autres choix : TRANS, PAS, SDE, CGT, CNT, et plus tard, SUD-éducation. Mais des divergences sérieuses, déjà existantes au sein de l’Ecole Emancipée entre les militants de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) et les autres sensibilités éclatent au grand jour dès la fondation de la FSU. Elles portent sur la conception fédérale (fédération de syndicats nationaux souverains) et sur le rôle de l’EE dans cette nouvelle fédération (participation aux directions ou opposition à la ligne corporatiste d’Unité et Action).

L’Emancipation dans le cadre du pluralisme syndical

Dans une période de libéralisme triomphant sur fond de mondialisation et de crise du syndicalisme, l’Emancipation incarne aujourd’hui avec d’autres un syndicalisme de rupture avec le capitalisme, dans la continuité de la tradition Ecole Emancipée. Présente dans plusieurs syndicats, l’Emancipation entend continuer à œuvrer à l’unification syndicale et au développement du syndicalisme de lutte.